14 septembre 2026
Rosh Hashana :
se transformer pour construire la paix
Par Rabbin Gabriel Hagaï
Que la paix, la miséricorde de Dieu et sa bénédiction soient sur vous tous.
Nous entrons actuellement dans le mois de Tichri, qui est le mois de notre Nouvel An, Rosh Hashana.
Notre Nouvel An, Rosh Hashana, commémore entre autres la ligature d’Isaac, l’épisode avec son père Abraham, quand Dieu lui a dit :
Abraham est parti et, au moment où il allait égorger son fils en sacrifice par amour pour son Seigneur, il y a eu un miracle : le fils, Isaac, a été remplacé par un bélier, et c’est le bélier qui a été sacrifié.
En souvenir de cela, pour rappeler la miséricorde divine, on sonne une corne de bélier en souvenir de la ligature d’Isaac, de cet épisode-là.
C’est la caractéristique de cette fête de Rosh Hashana.
Le jour du jugement et de la création
Rosh Hashana commémore donc la ligature d’Isaac, en hébreu Akedat Yitzhak, et aussi l’intronisation de Dieu dans Sa gloire.
C’est un moment où la gloire de Dieu est particulièrement présente.
Rosh Hashana commémore aussi le jour de la création de l’homme par Dieu, la création d’Adam, Adam Harishon, le premier homme.
C’est aussi le jour où commence le jugement de l’humanité par Dieu.
C’est pour cela que c’est une fête à la fois joyeuse et solennelle, parce que Dieu commence à ouvrir les livres, les livres des comptes, et regarde ce que nous valons, quels sont nos mérites, quelles sont nos erreurs.
En fonction de cela, Dieu va décider pour cette année, pour l’année qui arrive, notre destin, nos épreuves, ce qui va nous arriver, en bien et en mal.
Les dix jours de repentir
Après Rosh Hashana commence le temps des dix jours de repentir, en hébreu Aseret Yemei Teshouva, qui sont l’occasion de faire un examen de conscience, ce qu’on appelle Heshbon Nefesh.
En hébreu, cela s’appelle Pishpoush et Mishmoush : on va regarder les fautes, les erreurs que l’on a commises et essayer de ne plus rentrer dans les mêmes conditions, de reconnaître les mauvaises choses qui nous arrivent et d’essayer justement de ne plus retomber dans les mêmes choses, dans les mêmes addictions, dans les mêmes erreurs, dans les mêmes fautes.
Et, en même temps, pour les bonnes actions, il s’agit de voir comment on peut en faire encore plus, comment on peut s’améliorer et les faire de mieux en mieux.
Cette occasion de Heshbon Nefesh, d’examen de conscience, est aussi l’occasion de s’apercevoir que la majorité de nos qualités sont des défauts qui sont mal utilisés.
Il s’agit donc de faire ce que j’appelle souvent une sorte d’« aïkido spirituel » : utiliser cette force qui peut se manifester dans nos défauts de manière erronée, la transformer en qualité et utiliser cette même énergie pour pouvoir s’améliorer.
Faire le premier pas vers l’autre
C’est aussi l’occasion de demander pardon.
Les dix jours de Teshouva, les dix jours de repentir, se clôturent par Yom Kippour, par le jour du Grand Pardon.
C’est l’occasion de demander pardon, d’aller demander pardon à toutes les personnes qui nous sont proches, à tous nos amis, à toutes les personnes que l’on a pu choquer, que l’on a pu heurter.
Parce que, dans notre tradition, celui qui fait le premier pas, entre guillemets, « gagne ».
C’est lui qui a le mérite d’avoir fait la paix.
Il n’y a rien de plus grand que la paix entre les créatures, entre les êtres humains.
Et c’est ce que Dieu recherche pour l’humanité, pour notre humanité, parce que la paix fait partie des piliers de notre société, comme la justice, comme la vérité.
Aimer et poursuivre la paix
Que nous soyons tous comme les disciples d’Aharon, Aharon alav ha-shalom, paix sur lui, qui était le frère de Moïse, de Moché Rabénou, paix sur lui.
On dit de lui :
On raconte sur lui que, pour faire la paix entre les êtres humains, il allait par exemple vers deux personnes qui s’étaient disputées.
Il disait à l’une : « Tu sais, un tel regrette. »
Puis il allait voir l’autre et lui disait la même chose.
Et quand ces deux personnes se rencontraient, elles se demandaient pardon, elles tombaient dans les bras l’une de l’autre et la paix s’établissait entre les êtres humains.
Se transformer pour transformer la société
Nous souhaitons donc que ce Nouvel An soit un Nouvel An dans lequel nous nous transformions, parce que la transformation de la société ne commencera que par la transformation, d’abord, individuelle.
Que l’on se transforme, que l’on s’améliore, que l’on devienne des êtres humains meilleurs, remplis d’amour les uns envers les autres, remplis de respect, remplis de désir de justice et de vérité.
shevet achim gam yachad. »
le séjour des frères, des frères et des sœurs ensemble.
Je vous souhaite donc à tous Shana Tova, une bonne année, Ketiva va-Hatima Tova, une bonne écriture dans les livres des comptes célestes, afin que nous puissions commencer cette année et que, enfin, l’humanité arrive dans un moment plus paisible et plus juste.
« Shofar in Rosh Hashanah » — MinoZig, licence Creative Commons Attribution-ShareAlike, via Wikimedia Commons.
« Jews Praying in the Synagogue on Yom Kippur » — Maurycy Gottlieb, 1878, domaine public, via Wikimedia Commons.
« Praying at the Western Wall » — Brian Jeffery Beggerly, licence Creative Commons, via Wikimedia Commons.
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