02 novembre 2026
De nos ancêtres à nos enfants :
transmettre la lumière
Par Rabbin Gabriel Hagaï
Que la paix, la miséricorde de Dieu et sa bénédiction soient sur vous tous.
Penser aux défunts, se souvenir de ceux qui nous précèdent
Alors, actuellement, c’est la saison de la Toussaint, la saison d’Halloween, dans laquelle, dans la culture générale, dans la culture dominante ici, on va penser aux défunts, on va penser à nos morts.
Et ça, c’est quelque chose qui est dans la tradition juive : penser aux défunts.
La filiation est quelque chose de très important.
C’est pour ça que, dans la Torah, il y a toujours une place pour savoir qui a engendré qui, qui est le fils de qui, qui est la fille de qui.
Hériter ne suffit pas : chacun doit accomplir son propre chemin
C’est pour ça que, dans notre liturgie, on dit, quand on s’adresse à Dieu :
Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac et Dieu de Jacob.
C’est-à-dire que ce n’est pas parce qu’Isaac était le fils d’Abraham qu’il s’est appuyé seulement sur sa filiation.
Mais non, il a travaillé lui aussi.
Pareil pour Jacob, ce n’est pas seulement parce qu’il était le fils d’Abraham et d’Isaac qu’il s’est assis sur ses lauriers.
Non, non, il a travaillé et il a atteint la réalisation par ses propres mérites.
Et c’est nous-mêmes…
Mais nos ancêtres nous montrent la direction, de la même manière que, par leur mérite, c’est grâce à eux qu’on est là.
C’est grâce à leur travail spirituel, grâce à leur investissement sociétal, tout ce que nos ancêtres ont fait, ce pour quoi ils se sont battus.
C’est ce qui a fait que nous sommes là, que nous avons les droits que nous avons à notre génération.
Recevoir, continuer, transmettre
C’est par le combat de nos anciens.
Et les anciens nous montrent la direction.
Et c’est à notre tour aussi de continuer, de faire progresser la société, de faire progresser l’humanité, d’élever la conscience globale de notre chère humanité afin de pouvoir transmettre un héritage, un bel héritage, de la même manière qu’on l’a reçu de nos parents, de nos ancêtres, transmettre un héritage à nos enfants, un bel héritage.
Commencer par se transformer soi-même
Et c’est pour ça qu’on s’investit dans ce monde, on s’investit, on s’élève, parce que, comme un jour l’avait dit un rabbin :
Donc voilà, ne pas mettre la charrue avant les bœufs, travailler sur soi de manière à pouvoir enfin donner, être un être divin dans son engagement horizontal, c’est-à-dire être branché à la source d’énergie illimitée, la source de l’Absolu, la source de l’Un, la source divine.
Et une fois qu’on est branché à cette source, on peut enfin s’engager dans l’horizontalité sans perdre de l’énergie.
Toutes les bonnes causes ne sont pas forcément notre cause
Parce que malheureusement, souvent, on peut s’engager dans certaines causes, et c’est le mauvais penchant qui vient nous chuchoter, en fait, de perdre de l’énergie.
Parce que le mauvais penchant, il ne vient pas chez les gens qui sont spirituels pour leur dire : « Faute, fais des bêtises, fais des erreurs. »
Évidemment, personne ne veut voler, mentir, tuer, etc.
Mais il vient souvent sous la forme d’un investissement, d’une bonne action supplémentaire.
C’est-à-dire qu’on va soudainement se dire : « Voilà, il faut lutter pour ça, il faut lutter pour ça », quelque chose de supplémentaire, quelque chose qui n’est pas nécessaire.
Et donc, on s’engage dans certaines causes et on perd beaucoup d’énergie.
En fait, c’est le mauvais penchant qui vient très, très habilement.
Et du coup, on perd son énergie dans ces petites bonnes actions supplémentaires plutôt que d’utiliser cette énergie à se transformer soi-même, parce que, dans notre incarnation, nous sommes limités dans l’espace-temps, en énergie, en temps.
Quand la jeunesse reprend le flambeau
Et c’est ce qu’on voit actuellement en France et même en Europe avec le mouvement des lycéens qui fait tache d’huile et, petit à petit, la jeunesse se réveille un petit peu partout en Europe et est rejointe par les travailleurs, par tous ceux dont la vie est difficile actuellement.
Parce que je pense que les gens commencent à ouvrir les yeux, les gens commencent à ouvrir les yeux.
Et voilà, on souffre d’un grand système qui est inhumain, qui a mis le profit financier au centre plutôt que l’être humain.
Et les gens se réveillent, et ça fait plaisir de voir les jeunes parce qu’on se dit :
Ça fait plaisir.
Donc, on souhaite vraiment que cet investissement dans la lutte pour une société plus juste, plus humaine, plus respectueuse de la vie, plus respectueuse de l’environnement, mène à la réussite.
Et ce qu’on souhaite, c’est que, petit à petit, l’humanité dans sa globalité bascule vers la lumière.
Ça se fera, ça se fera.
L’effet Lilliput
C’est ce que moi, j’appelle l’effet Lilliput.
Donc, toutes les petites initiatives indépendantes, spirituelles, politiques, écologiques, tout ça, tout ça fera un jour chuter ce monstre frankensteinien qu’est le capital ultralibéral, qui détruit l’humanité, la planète et l’environnement.
Que la lumière soit mise dans le cœur de tous
Voilà, donc ce qu’on souhaite, c’est que Dieu nous donne beaucoup de force, beaucoup de lumière et que la lumière soit mise dans le cœur de tous afin qu’enfin, enfin, on puisse vivre la présence divine.
Qu’il est bon et qu’il est agréable, le séjour des frères, des frères et des sœurs ensemble ici-bas, sur cette belle terre.
Amen.
Cimetière juif du mont des Oliviers, Jérusalem — bougies et petits cailloux déposés sur une tombe. Photo : Djampa, 14 décembre 2012, licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 2.0 Generic (CC BY-SA 2.0), via Wikimedia Commons.
Rouleau de la Torah — Photo : Davidbena, 25 février 2018, licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 4.0 International (CC BY-SA 4.0), via Wikimedia Commons.
Manifestation lycéenne et étudiante à Paris, entre République et Nation, 6 octobre 2026 — Photo : Jules*, œuvre personnelle, licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 4.0 International (CC BY-SA 4.0), via Wikimedia Commons.
Commentaires(0)